Fatah Mokrani

Les Deux Grottes – Èr Dòng 二洞

Les anciens écrits nous indiquent que dans la demeure de la tête, le Ciel a caché deux grottes secrètes.
Elles ne se voient pas, mais elles sont la source de toute lumière et de toute essence.
Les maîtres les appelaient Èr Dòng — les Deux Grottes — et enseignaient qu’en elles se trouvent la porte de l’Esprit et la source de l’Élixir.

La première, est appelée Grotte du Souffle Céleste, elle réside au sommet du crâne, là où le Ciel touche l’homme.
Quand elle s’ouvre, le Souffle entre et sort librement.
C’est par elle que l’Esprit s’élève, volant léger comme une flamme portée par le vent.
Elle est la porte du vol spirituel, le passage par lequel le Shén retrouve son origine.

La seconde, est nommée Grotte de l’Esprit de Jade, se tient dans le palais supérieur, au creux du ciel de la bouche.
Quand elle s’ouvre à son tour, les liquides purs y naissent comme une rosée céleste.
Ils coulent doucement vers le Trépied d’Or, nourrissant la flamme subtile du Cinabre Jaune, et soutenant la vie de l’immortel intérieur.

Mais ces grottes ne s’ouvrent pas à ceux qui les cherchent avec empressement.
Elles se révèlent seulement à celui qui a vidé ses vallées intérieures — à celui dont le cœur n’est plus secoué par le tumulte du monde.
Il faut d’abord sceller les deux issues du Souffle, apaiser les pensées, et laisser la faim se taire.
Alors, la brume de bon augure descend d’elle-même, montant et redescendant dans un rythme sans effort.

Quand le souffle s’élève, il frappe la voûte du ciel et la Grotte du Souffle Céleste s’éclaire.
Quand le liquide se forme, il emplit la Grotte de l’Esprit de Jade et se change en rosée dorée.
De là naît le Líng Yè, le Liquide Spirituel — cette essence subtile qui irrigue le corps et réveille les cent esprits endormis.

Les maîtres disent que celui qui parvient à unir ces deux courants — le Souffle et le Liquide, le Ciel et la Terre — franchit la porte du Grand Immortel.
Car les Deux Grottes ne sont pas seulement des lieux dans la chair : elles sont les deux pôles de la transmutation intérieure, là où le feu de l’esprit rencontre l’eau de la vie.

Quand le haut devient passage, et le bas devient source, le cercle du Ciel se referme dans la tête de l’homme.
Alors, le souffle n’entre plus ni ne sort — il demeure, clair et sans mouvement.
Et dans cette immobilité rayonnante, le pratiquant goûte à la vraie médecine : celle qui n’a ni goût, ni forme, ni nom, mais qui rend éternel le souffle qui respire en toute chose.

Bon Qi !
Fatah 🐉

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