La main de Bouddha par Fatah Mokrani

La légende de la Main de Bouddha

On raconte qu’il y a très longtemps, au pied d’une montagne de Luodian, vivaient une mère âgée et son fils. La mère souffrait depuis des années de toux et de douleurs thoraciques qui l’épuisait jour et nuit. Le fils avait consulté des médecins partout, sans obtenir la moindre amélioration. Malgré le découragement, il n’abandonnait pas : la piété filiale était plus forte que la lassitude.

Une nuit, il eut un rêve. Une fée lumineuse lui offrit un fruit en forme de main et lui dit : « Donne-le à ta mère, elle guérira. » En se réveillant, il constata que rien n’avait changé. Mais le rêve revint, plus précis encore. Pour lui, ce n’était plus un simple songe, mais un avertissement.

Alors il partit en montagne. Il gravit falaises et rochers, jusqu’à l’épuisement. C’est à ce moment qu’apparut une grue blanche, symbole d’immortalité en Chine. En volant, elle lança un cri clair :
« Sur le mont Jinhua pousse un fruit doré.
Il peut sauver ta mère.
Monte demain jusqu’à la Porte Céleste.
Si le ciel est clair, saisis l’occasion. »

Le troisième jour, au milieu de la nuit, il parvint au sommet. Le paysage brillait d’une lumière irréelle : des fleurs dorées parsemaient le sol, les arbres étaient chargés de fruits d’or, et tout l’environnement vibrait d’une clarté chaude et intense. Une fée descendit alors, comme portée par la lumière. Touchée par la sincérité du jeune homme, elle lui remit un fruit céleste en disant : « Ceci guérira la maladie du cœur de ta mère. »

Le fils, reconnaissant, lui demanda ensuite une jeune pousse du fruit céleste, afin que sa mère puisse en respirer chaque jour la fragrance et ne plus replonger dans la douleur. La fée accepta et lui remit une petite pousse de tianju, la plante même qui donne naissance aux fruits dorés.

De retour chez lui, le jeune homme donna le fruit à sa mère : ses douleurs thoraciques disparurent rapidement. Quant à la pousse céleste, il la cultiva avec soin. Elle grandit, fut multipliée, puis partagée. Peu à peu, le fruit doré se répandit dans tout le village, apportant soulagement et réconfort à de nombreuses familles.

Les habitants finirent par croire que la fée n’était autre que Guanyin, la bodhisattva de compassion, venue prendre forme humaine. Et comme le fruit ressemblait à une main divine aux multiples doigts, ils l’appelèrent « Main de Bouddha ».

Bon Qi !
Fatah 🐉

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